Résultats de recherche: maison du combattant istres

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20 oct

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1- INFORMATIONS

- INFORMATIONS DES GO DE LA SECTION

Chers adhérents, adhérentes,

Lors de sa dernière communication, le président, Alain BERNARDET, vous avait fait part du report des réunions mensuelles lié aux mesures sanitaires imposées par la situation du moment et appliquées dans les locaux prêtés par la mairie (réunions limitées à 25 personnes, pot de convivialité interdits, etc…).

Dans le cadre du maintien de la cohésion, nous vous proposons de nous retrouver pour un repas dansant le dimanche 21 novembre 2021 à midi.

Le restaurant LA CASA CHURRASCO à FOS sur MER sera heureux de nous accueillir dans sa salle.

LA CASA CHURRASCO

30, avenue du Sablé d’Or

13270 FOS sur MER

(En face du port de plaisance) 

Vous trouverez, en pièce jointe, le menu.

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Pour les personnes ne mangeant pas de porc, il sera demandé de le signaler à l’inscription. Un plat de substitution vous sera proposé.

Le tarif défini par le restaurateur pour la prestation est de 34,00 €.

Pour les adhérents ce tarif est réévalué à 24,00 € après déduction la quote-part de l’association.

Le paiement pourra se faire :

-       Sur place, par chèque ou espèces (prévoir l’appoint),

-       Par virement bancaire sur le compte de la section (RIB diffusé par mail du 12/10/2021). Petite précision pour ce type de règlement : le préciser lors de la réservation et joindre l’avis de virement bancaire (nécessaire pour notre trésorier).

Néanmoins, il faudra être détenteur du pass sanitaire et respecter les mesures sanitaires applicables au moment de la festivité.

ATTENTION!!

Pour les réservations, veuillez les adresser « UNIQUEMENT » à Patrick KRIEGER (patrick.krieger@hotmail.fr) et Alain BERNARDET (abernardet@gmail.com) tout en précisant prénoms, noms des participants, adhérent ou non et mode de règlement.

Si vous avez des interrogations, n’hésitez pas à nous contacter.

La date de clôture des inscriptions sera le 02 novembre 2021.

En espérant vous voir nombreux,

Amicalement,

Les GO

- INFORMATIONS DU PRESIDENT DE LA SECTION

 1.1 LA BA 125 et la “FABRIQUE de la DÉFENSE”

Bonjour à tous,

Sous l’impulsion de Madame la députée Monica Michel, la base aérienne reçoit pour la première fois, les 25-26-27/10 l’événement souhaité par le Ministère des Armées et destiné aux jeunes étudiants ou à la recherche d’emploi, la « Fabrique de la Défense ». Une première en région, qui attend environ 500 participants.

Durant les 2 premiers jours, les jeunes visiteront les installations de la base et celles du pôle aéronautique d’Istres Jean Sarrail.

Le 3ème jour sera dédié à l’esprit de cohésion avec des activités sportives au stade d’athlétisme de Miramas,

En raison du nombre envisagé de participants, les organisateurs sont à la recherche d’une vingtaine d’accompagnateurs pour la journée du mardi 26/10. Journée principalement dédiée à la visite du pôle aéronautique.

Aussi compte tenu de nos différentes expériences et de notre volonté de faire vivre le lien Armées-Nation, je pense que nous pourrions apporter notre contribution à la réussite de cette manifestation, en se portant volontaire pour accompagner ces jeunes le 26/10 (journée).

Pour cela, merci aux volontaires de se faire connaître auprès de moi ou de notre vice-président dès que possible.

Je compte sur vous!

Bien à vous

Alain Bernardet

1.2 A voir sur FR3 replay: Colonisation Une histoire française d’Alger à Saïgon

Colonisation, une histoire francaise – Émission du lundi 4 octobre 2021 en streaming – Replay France 3 – France tv

 

- ARTICLES MIS EN LIGNE SEMAINES 41- 42

41

Décès Hubert GERMAIN: Dernier compagnon de la libération

Barkhane : décès du maréchal des logis Adrien Quélin

Article de presse

 

42

-Photos de Serge Mourouzies de l’AG Salon de Provence du 17/10/2021

-Opération Brioches 2021

-Lettre d’informations CDM septembre 2021

Article de presse

 

 2- LES REUNIONS MENSUELLES SE FONT A TRIGANCE   Les Réunions mensuelles à la Maison de quartier de Trigance au 1 rue Futaie 13800 Istres momentanément suspendues en raison des mesures prises suite au covid 19

3- ADHESION A LA SECTION UNACITA-ISTRES

Vous avez trouvé notre association sur notre blog. http://unacita-istres.fr/  Il est possible que vous désiriez rejoindre la Section UNACITA d’Istres.   Je suis Patrick ROUX, le Trésorier de la section UNACITA d’Istres et à ce titre, je vous propose :

  Pour information, la cotisation annuelle pour 2021 votée annuellement par le Conseil d’Administration est de :

  • 10,00 € pour un adhérent seul,
  • 20,00 € pour un couple d’adhérent (exemple :  Monsieur – Ancien Combattant et Madame – Sympathisante) ; dans ce cas vous remplissez un bulletin d’adhésion par individu.

  RAPPELS : COTISATION ANNUELLE 

  • La période couverte par votre cotisation s’étend du 1er janvier au 31 décembre.
  • La cotisation est due en début d’année (au plus tard fin Mai de l’année en cours)
  • Conformément à l’article 6 des Statuts de l’UNACITA, le Conseil d’Administration se verra dans l’obligation de prononcer la radiation d’un membre pour impayés réitérés de cotisation. 
  • Le paiement de la cotisation donne droit aux différents services assurés par l’association (journal, assistance administrative, assurance associative, etc…).

 Pour votre information, Tous les ans en juin, la section reverse par adhérent :  -       une cotisation de 10,00 € à l’UNACITA NATIONALE, -       une cotisation de 3,00 € à l’UNACITA REGIONALE  REGLEMENT COTISATION

Si vous utilisez ce moyen de paiement : un petit email à c135fr@outlook.fr votre trésorier sera le bienvenu. 

  • Par chèque bancaire (établir votre chèque à l’ordre de UNACITA Istres),

Chèque à envoyer chez votre Trésorier (Adresse postale : M Patrick ROUX – Trésorier UNACITA Istres – 510, Rue des Romains – Lotissement la voie Romaine – 13270 FOS-SUR-MER). 

  • En espèce.
  • PENSER A RECLAMER VOTRE VIGNETTE ANNUELLE à coller au recto de votre carte d’adhérent.

4- SORTIE DEVOIR DE MEMOIRE EN ALSACE Cette sortie, vu la situation due à l’Epidémie du Covid 19, est reportée en 2022.

 

FUTURE MAISON DU COMBATTANT

7 jan

MAISON DU COMBATTANT D’ISTRES 

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Messieurs les Présidents,

Comme je vous l’ai promis lors de notre réunion à la maison des syndicats ce matin, vous trouverez ci-joints en annexe les plans de la future maison du combattant.

Bonne réception

Bien cordialement

Alain Aragneau

PLAN RDC

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PLAN DE MASSE

PLAN DE MASSE[11507]

Au revoir René-Louis « Ch’mol »

12 juil

M. René-Louis Molin dit Schmol

René-Louis,

Il y a un peu plus de 42 ans nous rentrions toi et moi dans l’armée pour une destinée commune dont nous ignorions la finalité à l’époque. Très vite tes origines du Nord, nous ont

conduit à te surnommer naturellement Ch’mol. Surnom que tu as conservé et que tu conserveras car certains ne te connaissent d’ailleurs que sous ce diminutif.

3 ans plus tard nous nous retrouvions mutés, à 3 semaines d’intervalle sur la base d’Istres. Tu aimais d’ailleurs marquer cet écart d’ancienneté sur la base ce qui te prévalait d’être le plus ancien de nous deux…

Après 3 années de formations et de discipline militaire était donc venu pour nous le temps de l’épanouissement professionnel certes mais aussi, à 20 ans, le temps de la découverte des plaisirs et des joies parfois

un peu débordantes, de l’indépendance et des amis. Amis retrouvés fidèlement quasiment chaque soir pour des sorties ou le simple plaisir d’être ensemble. Beaucoup de ses amis sont d’ailleurs ici présents

et se reconnaîtront. Que de bonheurs et de souvenirs à jamais inscrits dans nos mémoires. .

Après cette période d’intenses et d’immenses moments de partages et d’amitiés entre célibataires est venu le temps de connaître d’autres horizons privés et professionnels. Ainsi

nous nous retrouvions, certainement un peu assagi, à réfléchir sur notre destin professionnel. Pris par l’immense envie de concrétiser ce pour quoi nous étions rentré dans l’Armée de l’air,

nous nous sommes une fois encore retrouvés à pratiquer la même spécialité sur le même avion mais pour toi cette fois à Mont de Marsan. Cependant, une paire d’années plus tard tu

reviens, pour notre plus grand plaisir, sur notre terre d’adoption, Istres.

C’est donc ici, loin de tes parents, que tu construits ta nouvelle vie. Partagé entre les missions et les détachements, tu entreprends malgré tout de nombreux travaux dans ta

maison avec autant d’exigence et de perfectionnisme que dans ton travail. On ne se refait pas ! Mais le bonheur de Laurence, Jordan et Théo et aussi Jonathan est pour toi à ce prix.

Ta carrière militaire est exemplaire et le drapeau français sur ton cercueil ainsi que tes médailles en témoignent. Ces médailles pour lesquelles tu étais si fier mais une fois encore si

discret. Un « Héros de l’ombre » comme tu aimais à le préciser. Elles sont ici et je sais qu’elles seront bien conservées par tes enfants. Elles forcent le respect et montre

symboliquement la valeur de l’homme que tu as été et le travail réalisé : MM, OMN, C G TOE, MED AERO, C COMB, DEF NAT OR, TRN pour les plus prestigieuses.

Puis vient un temps d’un changement de vie familiale et de la reconversion professionnelle. Période particulièrement difficile pour toi et ta famille. Profondément honnête et attachant,

tu n’oublies personne et les amis ne te laissent pas tomber. Dans ta nouvelle solitude nous sommes beaucoup à espérer que tu retrouves rapidement le bonheur. Ta solitude nous rend

triste toi qui nous a tellement apporté de moments de partage et de joies. Sous des airs d’intouchables, tu dégages néanmoins un certain désarroi.

C’est au moment où tout recommençait à prendre forme qu’un soir, le 31/12/2016, tu nous annonces être touché par cette terrible maladie. Mais optimiste et combattant tu te veux

immédiatement rassurant. Soit !!

Malheureusement 1,5 ans plus tard nous pleurons aujourd’hui ton absence. Cependant et c’est ce qui nous permet d’accepter ton départ précoce c’est de te savoir libéré de tes

terribles souffrances. Mais comme durant toute ta vie, tu ne t’es jamais plaint. Tu as fait preuve d’un courage admirable et d’une grande dignité. A ce titre tu mérites encore une fois

un profond respect.

Même si tu étais entouré de ta famille, de ton frère Vincent et de sa compagne, qui ont fait énormément pour toi jusqu’à ton dernier souffle, tu as dû te battre seul contre cette

maladie. La solitude tu la connais d’ailleurs il t’arrivait souvent de nous rappeler que « Moi Ch’mol il a besoin de personne ! ». C’était cependant oublier que les autres avaient peut-être

besoin de toi, besoin de t’écouter, besoin de t’avoir à leurs côtés.

Désormais, nous n’entendrons plus tes railleries ou tes métaphores amusantes. Ta bonne humeur, ta convivialité, ta droiture et ton énergie. Tu ne seras malheureusement plus des

nôtres pour les instants de partage, mais sache que tu resteras pour beaucoup d’entre nous, ta famille, tes amis et tes frères d’armes, à jamais gravé dans nos mémoires comme un

exemple.

 

Merci et au revoir Ch’molito!

 

Alain Bernardet

L’UNACITA ISTRES TIRE LES ROIS

18 jan

Cette année encore, la section UNACITA d’Istres s’est réunie à la Maison du Combattant afin de tirer les rois. Les adhérents avaient répondu nombreux à l’invitation du bureau afin de vivre un beau moment de convivialité. Cette soirée, une fois de plus, a rencontré un indéniable succès.

 

cliquez sur : https://plus.google.com/u/1/photos/112100145585939191158/albums/5970183086802060737

ORAISON FUNEBRE DU CDT HELIE DENOIX DE SAINT-MARC

3 sept

ORAISON FUNEBRE DU CDT HELIE DENOIX DE SAINT-MARC dans In Mémoriam hommageaheliedenoixdesaintmarc

 

Mon commandant,

mon ancien,

Ils sont là, ils sont tous présents, qu’ils soient vivants ou disparus, oubliés de l’histoire ou célèbres, croyants, agnostiques ou  incroyants, souffrant ou en pleine santé, jeunes soldats ou anciens combattants, civils ou militaires, ils sont tous présents, si ce n’est pas avec  leur corps, c’est par leur coeur ou par leur âme ! Tous ceux qui, un jour, ont croisé votre chemin, ou ont fait avec vous une partie de votre route ou plutôt de votre incroyable destinée, sont regroupés autour de vous : les lycéens de Bordeaux, les résistants du réseau Jade-Amicol, les déportés du camp de Langenstein, vos frères d’armes, vos légionnaires que vous avez menés au combat, ceux qui sont morts dans l’anonymat de la jungle ou l’indifférence du pays, les enfants de Talung que vous avez dû laisser derrière vous, les harkis abandonnés puis livrés aux mains du FLN ! Je n’oublie pas vos parents et votre famille, qui ont partagé vos joies et vos épreuves ; il faut ajouter à cette longue liste, les jeunes générations, qui n’ont connu, ni la Guerre de 40, ni l’Indochine, pas plus que l’Algérie, mais qui ont dévoré vos livres, qui vous  ont écouté et que vous avez marqués profondément !

 Cette liste ne serait pas complète, si n’était pas évoquée la longue cohorte des prisonniers, des déchus, des petits et des sans-grades, les inconnus de l’histoire et des médias, ceux que vous avez croisés, écoutés, respectés, défendus, compris et aimés et dont vous avez été l’avocat. Eux tous s’adressent à vous aujourd’hui, à travers ces quelques mots et, comme nous en étions convenus la dernière fois que nous nous  sommes vus et embrassés chez vous, je ne servirai que d’interprète, à la fois fidèle, concis et surtout sobre. Aujourd’hui, Hélie, notre compagnon fidèle, c’est vous qui nous quittez, emportant avec vous vos souvenirs et surtout vos interrogations et vos mystères ; vous laissez chacun de nous, à la fois heureux et fier de vous avoir rencontré, mais triste et orphelin de devoir vous quitter.

Vous laissez surtout chacun de nous, seul face à sa conscience et face aux interrogations lancinantes et fondamentales qui ont hanté votre vie, comme elles hantent la vie de tout honnête homme, qui se veut à la fois homme d’action et de réflexion, et qui cherche inlassablement à donner un sens à son geste ! Parmi tous ces mystères, l’un d’eux ne vous a jamais quitté. Il a même scandé votre vie ! C’est celui de la vie et de la mort. Car qui d’autres mieux que vous, aurait pu dire, écrire, prédire ou reprendre à son compte ce poème d’Alan Seeger, cet Américain, à la fois légionnaire et poète, disparu à 20 ans dans la tourmente de 1916 :

« j’ai rendez-vous avec la mort » ? C’est à 10 ans que vous avez votre premier rendez-vous avec la mort, quand gravement malade,
votre maman veille sur vous, nuit et jour ; de cette épreuve, vous vous souviendrez d’elle, tricotant au pied de votre lit et vous disant : « Tu vois
Hélie, la vie est ainsi faite comme un tricot : il faut toujours avoir le courage de mettre un pied devant l’autre, de toujours recommencer, de ne jamais s’arrêter, de ne jamais rien lâcher ! » Cette leçon d’humanité vous servira et vous sauvera quelques années plus tard en camp de concentration.

 Votre père, cet homme juste, droit et indépendant, qui mettait un point d’honneur durant la guerre, à saluer poliment les passants, marqués de l’étoile jaune, participera aussi à votre éducation ; il vous dira notamment de ne jamais accrocher votre idéal, votre ‘‘étoile personnelle’’ à un homme, aussi grand fût-il !

De l’époque de votre jeunesse, vous garderez des principes stricts et respectables, que les aléas de la vie ne vont pourtant pas ménager ; c’est bien là votre premier mystère d’une éducation rigoureuse, fondée sur des règles claires, simples et intangibles, que la vie va vous apprendre à relativiser, dès lors qu’elles sont confrontées à la réalité !

Puis, à 20 ans, vous aurez votre deuxième rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, vêtu d’un méchant pyjama rayé, dans le camp de Langenstein. Deux ans de déportation mineront votre santé et votre survie se jouera à quelques jours près, grâce à la libération du camp par les Américains. Mais votre survie se jouera aussi par l’aide fraternelle d’un infirmier français qui volait des médicaments pour vous sauver d’une pneumonie, puis celle d’un mineur letton, qui vous avait pris en affection et qui chapardait de la nourriture pour survivre et vous aider à supporter des conditions de vie et de travail inhumaines.

En revanche, vous refuserez toujours de participer à toute forme d’emploi administratif dans la vie ou l’encadrement du camp d’internement, ce qui vous aurait mis à l’abri du dénuement dans lequel vous avez vécu. Vous y connaitrez aussi la fraternité avec ses différentes facettes : d’un côté, celle du compagnon qui partage un quignon de pain en dépit de l’extrême pénurie, du camarade qui se charge d’une partie de votre travail malgré la fatigue, mais de l’autre, les rivalités entre les petites fraternités qui se créaient, les cercles, les réseaux d’influence,  les mouvements politiques ou les nationalités…. Mystère, ou plutôt misère, de l’homme confronté à un palier de souffrances tel qu’il ne s’appartient plus ou qu’il perd ses références intellectuelles, humaines et morales !

 Vous avez encore eu rendez-vous avec la mort à 30 ans, cette fois, à l’autre bout du monde, en Indochine. Vous étiez de ces lieutenants et de ces capitaines, pour lesquels de Lattre s’était engagé jusqu’à l’extrême limite de ses forces, comme sentinelles avancées du monde libre face à l’avancée de la menace communiste. D’abord à Talung, petit village à la frontière de Chine, dont vous avez gardé pieusement une photo aérienne dans votre bureau de Lyon. Si les combats que vous y avez mené n’eurent pas de dimension stratégique, ils vous marquèrent
profondément et définitivement par leur fin tragique : contraint d’abandonner la Haute région, vous avez dû le faire à Talung, sans préavis, ni ménagement ; ainsi, vous et vos légionnaires, quittèrent les villageois, en fermant les yeux de douleur et de honte ! Cette interrogation, de l’ordre que l’on exécute en désaccord avec sa conscience, vous hantera longtemps, pour ne pas dire toujours!

Plus tard, à la tête de votre Compagnie du 2° Bataillon étranger de parachutistes, vous avez conduit de durs et longs combats sous les ordres d’un chef d’exception, le chef d’escadron RAFFALLI : Nhia Lo, la Rivière Noire, Hoa Binh, Nassan, la Plaine des Jarres. Au cours de ces combats, à l’instar de vos compagnons d’armes ou de vos aînés, vous vous sentiez invulnérables ; peut-être même, vous sentiez-vous tout permis, parce que la mort était votre plus proche compagne : une balle qui vous effleure à quelques centimètres du coeur, votre chef qui refuse de se baisser devant l’ennemi et qui finit pas être mortellement touché ; Amilakvari et Brunet de Sairigné vous avaient montré le chemin, Segrétain, Hamacek, Raffalli et plus tard Jeanpierre, Violès, Bourgin, autant de camarades qui vous ont quitté en chemin. Parmi cette litanie, on ne
peut oublier, votre fidèle adjudant d’unité, l’adjudant Bonnin, qui vous a marqué à tel point, que, plus tard, vous veillerez à évoquer sa personnalité et sa mémoire durant toutes vos conférences ! Et avec lui, se joignent tous vos légionnaires, qui ont servi honnêtes et fidèles, qui sont morts, dans l’anonymat mais face à l’ennemi, et pour lesquels vous n’avez eu le temps de dire qu’une humble prière.

Tel est le mystère de la mort au combat, qui au même moment frappe un compagnon à vos côtés et vous épargne, pour quelques centimètres ou une fraction de seconde ! 10 ans plus tard, vous aurez encore rendez-vous avec la mort ! Mais cette fois-ci, ce ne sera pas d’une balle  perdue sur un champ de bataille, mais de 12 balles dans la peau, dans un mauvais fossé du Fort d’Ivry. En effet, vous veniez d’accomplir un acte grave, en vous rebellant contre l’ordre établi et en y entraînant derrière vous une unité d’élite de légionnaires, ces hommes venus servir la France avec honneur et fidélité.

Or retourner son arme contre les autorités de son propre pays reste un acte très grave pour un soldat ; en revanche, le jugement qui sera  rendu – 10 ans de réclusion pour vous et le sursis pour vos capitaines – montre qu’en dépit de toutes les pressions politiques de l’époque, en dépit des tribunaux d’exception et en dépit de la rapidité du jugement, les circonstances atténuantes vous ont été reconnues. Elles vous seront aussi été reconnues 5 ans après, quand vous serez libéré de prison, comme elles vous seront encore reconnues quelques années plus tard quand vous serez réhabilité dans vos droits ; elles vous seront surtout reconnues par la nation et par les médias à travers le succès éblouissant de vos livres, celui de vos nombreuses conférences et par votre témoignage d’homme d’honneur. Ces circonstances atténuantes se transformeront finalement en circonstances exceptionnelles, lorsque, 50 ans plus tard, en novembre 2011, le Président de la République en personne vous  élèvera à la plus haute distinction de l’Ordre de la Légion d’Honneur ; au cours de cette cérémonie émouvante, qui eut lieu dans le Panthéon des soldats, nul ne saura si l’accolade du chef des armées représentait le pardon du pays à l’un de ses grands soldats ou bien la demande de pardon de la République pour avoir tant exigé de ses soldats à l’époque de l’Algérie.

 Le pardon, par sa puissance, par son exemple et surtout par son mystère, fera le reste de la cérémonie !….Aujourd’hui, vous nous laissez l’exemple d’un soldat qui eut le courage, à la fois fou et réfléchi, de tout sacrifier dans un acte de désespoir pour sauver son honneur ! Mais vous nous quittez en sachant que beaucoup d’officiers ont aussi préservé leur honneur en faisant le choix de la discipline. Le mot de la fin, si une fin il y a, car la tragédie algérienne a fait couler autant d’encre que de sang, revient à l’un de vos contemporains, le général de Pouilly, qui, au cours de l’un des nombreux procès qui suivirent, déclara, de façon magistrale et courageuse, devant le tribunal : « Choisissant la discipline, j’ai également choisi de partager avec la Nation française la honte d’un abandon… Et pour ceux qui, n’ayant pas pu supporter cette honte, se
sont révoltés contre elle, l’Histoire dira sans doute que leur crime est moins grand que le nôtre » ! Et puis, quelque 20 ans plus tard, alors que, depuis votre sortie de prison, vous aviez choisi de garder le silence, comme seul linceul qui convienne après tant de drames vécus, alors que vous aviez reconstruit votre vie, ici même à Lyon, vous êtes agressé un soir dans la rue par deux individus masqués, dont l’un vous crie, une fois que vous êtes à terre : « Tais-toi ! On ne veut plus que tu parles ! »

Cette agression survenait après l’une de vos rares interventions de l’époque ; elle agira comme un électrochoc et vous décidera alors à témoigner de ce que vous avez vu et vécu à la pointe de tous les drames qui ont agité la France au cours du XXème siècle.
Ainsi, au moment où vous comptiez prendre votre retraite, vous allez alors commencer, une 3° carrière d’écrivain et de conférencier. Alors que le silence que vous aviez choisi de respecter, vous laissait en fait pour mort dans la société française, ce nouvel engagement va vous redonner une raison de vivre et de combattre !

Toujours ce mystère de la vie et de la mort ! Au-delà des faits et des drames que vous évoquerez avec autant d’humilité que de pudeur, vous
expliquerez les grandeurs et les servitudes du métier des armes et plus largement de celles de tout homme. A l’égard de ceux qui ont vécu les mêmes guerres, vous apporterez un témoignage simple, vrai, poignant et dépassionné pour expliquer les drames vécus par les soldats, qui, dans leur prérogative exorbitante de gardien des armes de la cité et de la force du pays, sont en permanence confrontés aux impératifs des ordres reçus, aux contraintes de la réalité des conflits et aux exigences de leur propre conscience, notamment quand les circonstances deviennent exceptionnellement dramatiques.

 A l’égard des jeunes générations, qui n’ont pas connu ces guerres, ni vécu de telles circonstances, mais qui vous ont écouté avec ferveur, vous avez toujours évité de donner des leçons de morale, ayant vous-même trop souffert quand vous étiez jeune, des tribuns qui s’indignaient sans agir, de ceux qui envoyaient les jeunes gens au front en restant confortablement assis ou de notables dont la prudence excessive servait d’alibi à l’absence d’engagement. Vous êtes ainsi devenu une référence morale pour de nombreux jeunes, qu’ils fussent officiers  ou sous-officiers ou plus simplement cadres ou homme de réflexion. Puis dans les dernières années de votre vie, vous avez aussi eu plusieurs rendez-vous avec la mort, car votre « carcasse » comme vous nous le disiez souvent, finissait pas vous jouer des tours et le corps médical, avec toute sa compétence, sa patience et son écoute, ne pouvait plus lutter contre les ravages physiques des années de déportation, les maladies contractées dans la jungle indochinoise et les djebels algériens, les conséquences des années de  campagnes, d’humiliation ou de stress.

Pourtant, vous avez déjoué les pronostics et vous avez tenu bon, alors que vous accompagniez régulièrement bon nombre de vos frères d’armes à leur dernière demeure ! Là encore, le mystère de la vie et de la mort vous collait à la peau. Et puis, aujourd’hui, Hélie, notre  ami, vous êtes là au milieu de nous ; vous, l’homme de tous les conflits du XXème siècle, vous vous êtes endormi dans la paix du Seigneur en ce début du XXIème siècle, dans votre maison des Borias que vous aimiez tant, auprès de Manette et de celles et ceux qui ont partagé l’intimité de votre vie.

Mais,Hélie, êtes-vous réellement mort ? Bien sûr, nous savons que nous ne croiserons plus vos yeux d’un bleu indéfinissable ! Nous savons que nous n’écouterons plus votre voix calme, posée et déterminée ! Nous savons aussi que, lors de nos prochaines étapes à Lyon, seule Manette nous ouvrira la porte et nous accueillera ! Nous savons aussi que vos écrits sont désormais achevés ! Mais, Hélie, à l’instar de tous ceux qui sont ici présents, nous avons envie nous écrier, comme cet écrivain français : « Mort, où est ta victoire ? »Mort, où est ta victoire, quand on a eu une vie aussi pleine et aussi intense, sans jamais baisser les bras et sans jamais renoncer ? Mort, où est ta victoire, quand on n’a cessé de frôler la mort, sans jamais chercher à se protéger ?
Mort, où est ta victoire, quand on a toujours été aux avant-gardes de l’histoire, sans jamais manqué à son devoir ? Mort, où est ta victoire, quand on a su magnifier les valeurs militaires jusqu’à l’extrême limite de leur cohérence, sans jamais défaillir à son honneur ?

Mort, où est ta victoire, quand on s’est toujours battu pour son pays, que celui-ci vous a rejeté et que l’on est toujours resté fidèle à soi- même ? Mort, où est ta victoire, quand après avoir vécu de telles épreuves, on sait rester humble, mesuré et discret ?
Mort, où est ta victoire, quand son expérience personnelle, militaire et humaine s’affranchit des époques, des circonstances et des passions et sert de guide à ceux qui reprendront le flambeau ?

Mort, où est ta victoire, quand après avoir si souvent évoqué l’absurde et le mystère devant la réalité de la mort, on fait résolument le choix de l’Espérance ? Hélie, notre frère, toi qui a tant prôné l’Espérance, il me revient maintenant ce vieux chant scout que tu as dû chanter dans ta jeunesse et sans doute plus tard, et que tous ceux qui sont présents pourraient entonner :

 « Ce n’est qu’un au revoir, mon frère ! Ce n’est qu’un au revoir ! Oui, nous nous reverrons Hélie ! Oui, nous nous reverrons » ! Oui, Hélie, oui, nous nous reverrons à l’ombre de Saint Michel et de Saint Antoine, avec tous tes compagnons d’armes, en commençant par les plus  humbles, dans un monde sans injure, ni parjure, dans un monde sans trahison, ni abandon, dans un monde sans tromperie, ni mesquinerie, dans un monde de pardon, d’amour et de vérité ! A Dieu, Hélie….A Dieu, Hélie et surtout merci ! Merci d’avoir su nous guider au milieu des « champs de braise ! ».

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Décès de John Martin, dernier du Bataillon du Pacifique !

2 jan

La Dépêche de Tahiti a le regret de vous informer de la disparition de John Martin, qui a nous quitté lundi 31 décembre,
aux alentours de 21 heures. Né le 8 décembre 1921 à Tahiti, John Martin s’est engagé dans la France libre dès septembre 1940, puis a été sergent dans le célèbre Bataillon du Pacifique durant la seconde guerre mondiale et a notamment participé à la bataille de Bir Hakeim. Il a été décoré de la croix de guerreavec étoile d’argent pour ses faits de guerre. Il était le dernier combattant du Bataillon du Pacifique. John Martin était âgé de 91 ans.

Décès de John Martin, dernier du Bataillon du Pacifique ! dans In Mémoriam image1

 

Bir Hakeim est un point d’eau désaffecté au milieu du désert de Libye. Pendant seize jours, du 26 mai au 11 juin 1942, la Première Brigade Française Libre du général Kœnig y résista aux attaques des armées motorisées italiennes et allemandes (l’Afrika Korps) du général Rommel. Le répit ainsi gagné par les Français libres permit aux Britanniques, en mauvaise posture, de se replier et de triompher par la suite à El Alamein. Le général Saint-Hillier dira, en octobre 1991, dans un entretien : “Il fallut qu’un grain de sable enrayât l’avance italo-allemande, qui n’atteignit El-Alamein qu’après l’arrivée des divisions britanniques fraîches : le grain de sable s’appelait Bir Hakeim.”

 Le dernier week-end du mois de mai, en métropole, a été commémoré le soixante-dixième anniversaire de la bataille de Bir Hakeim, où les Tahitiens et les Calédoniens du Bataillon du Pacifique s’illustrèrent de façon magistrale, faisant entrer le conflit de la Deuxième Guerre mondiale dans une phase décisive.

 L’armistice de 1940 et l’appel du général de Gaulle

 Fin 1939, les murs de Papeete se couvrent d’affiches blanches aux drapeaux entrecroisés annonçant l’entrée en guerre de la métropole. La fièvre monte dans les districts et dans les îles. Pourtant, il n’y a pas grand-chose à faire durant cette “drôle de guerre”, mais comme la France est en période d’hostilités, le gouverneur Chastenet de Géry ordonne au capitaine Félix Broche d’organiser la défense. En un mois, deux cent sept hommes se retrouvent en train de suivre l’instruction militaire à la caserne de l’avenue Bruat et bien que Félix Broche et quelques officiers de réserve souhaitent rejoindre les troupes de la France combattante, seul Noël Ilari sera autorisé à regagner la métropole par ses propres moyens au début de 1940.

Pendant ce temps, en Europe, la situation s’aggrave. Alors qu’à Tahiti nul n’est informé de l’exode des Français, ni de la catastrophe de Dunkerque, ni de l’entrée en guerre des Italiens aux côtés des Allemands, un matin ensoleillé, une nouvelle étonnante éclate : l’armistice est signé ! À Papeete, on comprend d’autant moins que les émissions radio reçues sont contradictoires et que l’appel du18 juin du général de Gaulle n’a pas été entendu à Tahiti.

 L’attachement réel de Tahiti à la France

 Dans leur grande majorité, les Tahitiens sont pour la continuation de la lutte et pour la formation d’un corps expéditionnaire qui irait, comme en1916, aider la France à se relever. Le 14 juillet 1940, à Uturoa, un vieux chef parle de “la tristesse de savoir les Prussiens à Paris, à Bordeaux, à Lyon”, et d’ajouter : “Ils ne sont pas à Tahiti, aux îles Sous-le-Vent, aux Tuamotu, Ils n’ont pas vaincu les Maori. Nous ne sommes pas des vaincus, nous ne sommes pas des captifs”.

 Un ancien combattant de Champagne parle dans le même sens : “Nous allons former un bataillon du Pacifique et tous les tamarii maohi iront chasser les Prussiens de France”. L’idée était lancée, elle allait faire son chemin…

 Pendant l’été 1940, il n’est cependant pas question pour le capitaine Broche de former un corps expéditionnaire mais plutôt de démobiliser, la mort dans l’âme et aux ordres du gouverneur les deux cents hommes de sa compagnie constituée quelques mois plus tôt.

 Après quelques mois d’événements plus ou moins rocambolesques, et la mise en place d’un gouvernement provisoire, le 3 septembre 1940, alors que le 27 août était créé le Comité de la France libre, un décret du général de Gaulle nomme Émile de Curton gouverneur des Établissements français d’Océanie.

 On n’insistera jamais assez sur le fait que les Tahitiens de la base, dès l’annonce de l’armistice et dès l’appel du 18 juin ont manifesté avec force et détermination leur volonté d’aller se battre pour aider la France à se relever. L’épopée du Bataillon du Pacifique composé en majeure partie de Tahitiens de souche et de “demis” qui vont pendant cinq ans se couvrir de gloire sur tous les champs de bataille, de Bir Hakeim au front des Vosges, illustre au plus haut point l’attachement réel que Tahiti portait à la France.

 Dès le 14 janvier 1941, un premier contingent composé d’officiers-mariniers et de marins quitte Tahiti et, après plusieurs péripéties et autant d’affectations va servir sur les corvettes de la France Libre qui protègent les convois dans l’Atlantique nord. Le 31 mars, un deuxième groupe de combattants est engagé pour la durée de la guerre au titre des Forces françaises libres.

 Ce n’est pas le capitaine Broche qui formera le corps expéditionnaire à Tahiti, car il est nommé commandant supérieur des forces du Pacifique et part prendre ses fonctions à Nouméa le 21 octobre 1940.

 Le 21 avril, la ville de Papeete se couvre de drapeaux, le croiseur anglais “Monowai” est à quai. Les trois cents volontaires ont quitté la caserne de l’avenue Bruat et s’apprêtent à embarquer. La “Marseillaise”” retentit, puis le “Maururu a vau”. Il se met à pleuvoir. Le “Monowai” quitte Tahiti, un hydravion de la base aéronavale le survole, la passe est franchie, la grande aventure du Bataillon du Pacifique commence.

 Un très long voyage

 Ce n’est que le 1er août 1941 que les volontaires tahitiens et calédoniens vont débarquer en Palestine après un voyage qui a emmené les Polynésiens aux îles Fidji où ils vont défiler, avant de rejoindre Nouméa où ils seront rejoints par les volontaires de Nouvelle-Calédonie.

  Après quatre jours de navigation, Tahitiens et Calédoniens arrivent à Sydney à bord du “Zealandia”. Durant un mois et demi, ils vont subir un entraînement intensif et, le 27 juin, le Bataillon du Pacifique embarque sur le plus grand paquebot du monde : le “Queen Elisabeth”, destination le canal de Suez après être passés par Perth et Ceylan.

  Le 1er août 1941, le Bataillon du Pacifique débarque en Palestine. Pour tous, c’est l’inconnu le plus complet. Le 19 août, direction la Syrie où l’instruction et l’entraînement se poursuivent. Vers la mi-décembre, le bataillon est entièrement équipé de matériel neuf et le 28 du même mois, il prend la direction du sud. Tartous, Tripoli, Beyrouth, St Jean d’Acre et de nouveau la Palestine avant l’arrivée dans le désert de Libye.

mod-150x150 dans In MémoriamLa vraie guerre va commencer, le jour approche où les hommes du bataillon vont connaître le baptême du feu. Après le piton d’Halfaya, Sallum atteint le 26 janvier, c’est l’arrivée à Tobrouk, puis c’est l’étape de Temimi et celle de Mechili, où le 30 janvier le bataillon prend position et où l’aviation ennemie se fait maintenant plus active et harcèle quotidiennement les véhicules du bataillon, dont les membres, à chaque attaque, sont obligés de se disperser.Cette mission retardatrice permet aux Anglais de se positionner et d’arrêter les colonnes de l’Afrika Corps du général Rommel.

 

14 février 1941

Fin février, la Première Brigade Française Libre arrive à Bir Hakeim, un point qui serait sans doute resté à jamais inconnu si une poignée d’hommes résolus n’avait immortalisé son appellation. Bir Hakeim va devenir l’une des batailles les plus célèbres de l’Histoire moderne. En couvrant le flanc sud de la VIIe armée britannique Bir Hakeim servira de pivot aux éléments blindés qui agissent au sud.

  Dès le 14 février 1941, les hommes du Bataillon du Pacifique vont entourer le camp de cinquante mille mines antichars
et creuser tranchées, trous d’hommes, observatoires. La brigade Koening envoie des patrouilles qui quadrillent le désert.

 Les Tahitiens ne comprennent pas l’intérêt de ces travaux. Ils ont l’impression de patrouiller et de creuser pour rien. L’affrontement avec l’ennemi donnera un sens à ce dispositif de défense. Cet affrontement va avoir lieu le 28 mai. Le 26, Bir Hakeim a été survolé par l’aviation allemande, le 27 l’ennemi est prêt à attaquer, le lendemain, c’est un déluge de feu, 80 chars allemands montent à l’attaque des positions défendues par les Tahitiens et les Calédoniens. 

Les Français ouvrent le feu. Pendant une heure, avec une extrême violence, tout le monde tire. Des chars brûlent, mais la division “Ariete”, la meilleure division italienne, n’arrivera pas à briser la résistance des Tahitiens et des autres combattants.
L’ennemi ne s’attendait pas à trouver un champ de mines à l’est de Bir Hakeim. Les Tahitiens célèbrent cette victoire, on oublie la peur, on gratte la guitare, on chante les mérites du “lapin”, le général Koening qui a repoussé le“renard”, le général Rommel !

 La bataille n’est cependant pas jouée et pour la brigade française installée depuis le 14 février à Bir Hakeim, un seul mot d’ordre : tenir, même en cas d’encerclement durant une dizaine de jours. C’est ce qui sera fait et ce n’est que le 10 juin que la retraite va s’amorcer après avoir durant toutes ces journées fait face à un ennemi nettement supérieur, malgré les bombardements incessants et le nombre de victimes recensées.

 La 1ère brigade perce les lignes ennemies et permet l’évacuation de Bir Hakeim qui a tenu plus de quinze jours à un encerclement mortel.Le général Koening aura ces mots : “Bir Hakeim est une victoire française, soyez fiers de votre victoire. Je salue nos morts, nos frères d’armes tombés dans les combats et dont le souvenir nous soutiendra dans les luttes à venir” et le 18 juin 1942, il y a 70 ans, le général de Gaulle terminera son discours par ces mots : “Quand, à Bir Hakeim, un rayon de sa gloire renaissante est venu caresser le front sanglant de ses soldats, le monde a reconnu la France”.

  Pouvait-on offrir meilleur hommage aux combattants du Bataillon du Pacifique qui a payé un lourd tribut pour obtenir cette victoire avec de nombreux morts, dont le lieutenant-colonel Félix Broche fauché par un obus à son poste de commandement, blessés ou disparus. Certainement pas. Mais le chemin sera encore long de Bir Hakeim à Paris ou le Bataillon du Pacifique fera son entrée le 8 novembre 1944 et d’ici là, il aura encore l’occasion de se mettre en valeur à travers l’Égypte, la Tunisie, l’Italie, en France enfin avec le débarquement de Provence et la remontée jusqu’aux Vosges où les Tahitiens se comporteront toujours avec un courage extrême.

 Le 14 juillet 1945, le Bataillon du Pacifique va défiler sur les Champs-Élysées et recevoir l’hommage de la nation. Il l’a bien mérité.

 On avait l’esprit gaulliste avant le gaullisme !”John Martin,commandeur de la Légion d’honneur

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“À l’annonce de l’armistice, à Tahiti, tout le monde était triste. Lors de la guerre de 1914-18, plus de mille tahitiens avaient rejoint la métropole, participé aux batailles de Verdun, du Chemin des Dames et ils étaient revenus en vainqueurs. Que la France, en 1940 ait perdu, ils n’y croyaient pas. Les chefs de district, tous anciens combattants sont allés demander confirmation chez le gouverneur, les larmes aux yeux.”

 Puis est parvenue la nouvelle de l’appel du 18 juin du général de Gaulle. “Je ne l’ai pas entendu directement, raconte John Martin, mais comme j’étais planton aux établissements Donald, je naviguai beaucoup dans la ville, où j’ai rencontré de gens qui m’ont dit qu’un général avait parlé, à Londres et lancé un appel à la résistance. Comme beaucoup de copains, j’ai de suite cherché à m’engager et me suis rendu au consulat anglais pour tenter de me faire incorporer via la Nouvelle-Zélande.
Pas possible. En souvenir de ces anciens, j’ai pensé qu’il fallait faire quelque chose et que c’était à nous, les jeunes, d’essayer de répondre à cet appel du général de Gaulle. Cet appel a rapidement rassemblé tous ceux qui avaient cette même pensée, on avait l’esprit gaulliste avant le gaullisme !

 Malgré tout, on peut comprendre ceux qui admettaient l’armistice, en majorité des métropolitains qui avaient déjà vécu la Première Guerre mondiale et qui avaient quitté la métropole pour ne jamais revivre pareil épisode vingt ans après. Je suis tout d’abord allé m’engager dans la Marine, mais ils n’ont pas voulu de moi pour cause “d’insuffisance musculaire” ! Je me suis alors rendu à la caserne Bruat. Je croyais que l’on allait s’inscrire et que l’on attendait à la maison l’arrivée du bateau ! À 7h30, le matin, j’ai dit à mon patron chez Donald que j’allais m’engager. Il m’a dit : “C’est bien, mon garçon”, mais lorsque je suis revenu vers 16 heures, habillé en troufion, il n’a pas apprécié !

 Commença alors l’instruction à Bruat, cependant que sur radio Saïgon, j’apprenais comme mes camarades que j’étais condamné à 20 ans de travaux forcés par le gouvernement de Vichy ! Il nous restait à attendre l’arrivée d’un bateau à destination de la Nouvelle-Zélande pour y parfaire notre instruction.

1732livor-225x300 Au sujet de mon incorporation, je dois beaucoup à ma mère car, n’ayant pas la majorité de 21 ans, c’est elle qui a dû signer mon engagement. Étant fils unique, pour elle, ce n’était pas évident, mais elle l’a fait. Lors de mon départ, sur le “Monowai”, elle m’a remis une lette en me disant de ne la lire que lorsque nous serions loin de Tahiti, ce que j’ai fait et j’ai eu raison, car si je l’avais ouverte plus tôt, je pense que j’aurai sauté à la mer et quitté le navire. Elle m’expliquait que si elle avait signé mon engagement, ce n’était pas comme de nombreuses personnes l’en accusaient parce qu’elle ne m’aimait pas ou se désintéressait de moi, mais au contraire parce qu’elle était fière de moi et de ma décision”.

 

La Maison de la France Libre

 De retour au fenua, les militaires tahitiens formèrent l’association des Français Libres dont le premier président fut le colonel Hervé avec comme secrétaire John Martin.
L’État leur céda un terrain à Vaininiore pour un franc symbolique et, grâce à des subventions et des dons sur ce terrain fut érigée la Maison de la France Libre. L’amicale des anciens du Bataillon du Pacifique, créée en 1967, y avait toute sa place. Elle s’y réunissait plusieurs fois par an, mais elle tomba en sommeil à partir de 1984.

 Depuis le 25 février 2012, elle a été dotée d’un nouveau président en la personne d’Éric Noble dont le père, Max Noble, ancien du Bataillon fut également président. C’est John Martin qui a sollicité Éric Noble pour prendre ce poste car, les anciens  n’étant plus assez nombreux pour l’occuper, il a pensé que pour perpétuer le souvenir du Bataillon, il fallait que ce soit un descendant de ses soldats qui prenne le relais.

 C’est maintenant chose faite mais Éric Noble a souhaité que l’amicale change de nom pour l’élargir à tout le monde combattant polynésien. Elle est donc aujourd’hui constituée d’anciens marins de la Marine nationale, d’anciens militaires de l’Armée de Terre et de l’Air et d’anciens gendarmes et, avec John Martin comme président d’honneur, elle s’appelle désormais “Amicale du souvenir des anciens du Bataillon du Pacifique, de la France Libre et du monde des combattants polynésiens”.

La priorité du nouveau président est la restauration de la Maison de la France Libre pour qu’un musée du souvenir puisse y voir le jour. Le coût des travaux de restauration du bâtiment qui comprendra ensuite un musée, mais aussi in auditorium, est estimé à 12 millions. Il va devoir s’atteler à réunir cette somme en gardant à l’esprit que ce projet est nécessaire pour pouvoir réunir les documents qui permettront aux générations futures de garder en mémoire le souvenir de l’abnégation des anciens, qui disparaissent, hélas, de plus en plus.

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L’UNACITA EN DEUIL

1 déc

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Christiane LE GOFF, présidente de l’UNACITA VAR, nous a quitté ce vendredi.

 La grande dame s’en est allée rejoindre ses chers combattants et en particulier les légionnaires tombés pour la Patrie, ceux qu’elle chérissait tant.

En ces tristes instants nous avons une pensée émue pour sa famille et ses proches.

Les obsèques auront lieu mardi 04 décembre à 14h30 au Morillon.

 

L’amour ne disparaît jamais…la mort n’est rien.
Je suis seulement passé dans la pièce d’à côté.
Je suis moi et vous êtes vous.
Ce que nous étions les uns pour les autres,
nous le sommes toujours.
Donnez-moi le nom que vous m’avez toujours donné.
Parlez-moi comme vous l’avez toujours fait.
Ne changez rien au ton,
Ne prenez pas un air solennel ou triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.
Que mon nom soit prononcé à la maison comme il l’a toujours été.
La vie signifie tout ce qu’elle a toujours signifié.
Elle est ce qu’elle a toujours été.
Le fil n’est pas coupé.
Pourquoi serais-je hors de votre pensée,
simplement parce que je suis hors de votre vue?
Je vous attends, je ne suis pas loin,
juste de l’autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

Réunion des présidents des sections Sud-Est

1 nov

La réunion des présidents des sections UNACITA du Sud-Est a eu lieu à la Maison du Combattant de Marignane le samedi 30 octobre 2010.

Placé sous la présidence de M Michel OLIVER (président régional) et du président des Bouches du Rhône (Dominique ALERINI) elle a permis de présenter le calendrier des Assemblées générales de 2011.

La modification des conditions d’attributions de la carte du combattant a été débattue et nous attendons la parution du décret avec impatience.

Christiane LE GOFF (présidente du Var)était excusée.

Réunion des présidents des sections Sud-Est dans Vie des sections 41

La carte du combattant

11 avr

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Obtenir une carte du combattant

Qui sont les bénéficiaires ?  

 

  • Les militaires ayant participé :
    • aux opérations menées entre 1918 et 1939,
    • à la Seconde Guerre mondiale,
    • à la guerre d’Indochine et de Corée 
  • Les militaires et dans certaines conditions les civils ayant pris part :
    • aux combats en Tunisie entre le 1er janvier 1952 et le 2 juillet 1962,
    • aux combats au Maroc entre le 1er juin 1953 et le 2 juillet 1962,
    • à la guerre d’Algérie entre le 31 octobre 1954 et le 2 juillet 1962 et dans le cadre du projet de loi de finances 2019, les soldats déployés entre le 3 juillet 1962 et le 1er juillet 1964 y ont désormais droit,
    • aux conflits armés et opérations et missions menées conformément aux obligations et engagements internationaux de la France depuis 1945 (par exemple : guerre du Golfe, opérations en ex-Yougoslavie) 

 

Quelles sont les conditions à remplir ?

 

La règle de base est d’avoir appartenu à une unité reconnue combattante pendant au moins 90 jours. La nature des conflits postérieurs à 1945 a conduit à l’élaboration de nouveaux critères :

 

  • les actions de feu ou de combat de l’unité (9 actions sont exigées),
  • les actions de feu ou de combat personnelles (cinq au moins),
  • 4 mois de présence pour la guerre d’Algérie, les combats au Maroc et en Tunisie.
  • 4 mois de présence pour les OPEX.
  • L’article 109 de la loi de finances pour 2014 (loi 2013-1278 du 29 décembre 2013) modifie les critères d’attribution de la carte du combattant pour l’Afrique du Nord. Dorénavant, les services accomplis après le 2 juillet 1962 sur le territoire algérien sont pris en considération pour le calcul des 120 jours dès lors qu’ils ont débuté au plus tard le 2 juillet 1962 et qu’ils ont été effectués sans interruption sur le territoire à partir de cette date.

 

L’entrée en vigueur de ces dispositions est effective depuis le 1er janvier 2014.

 

Conformément au code des pensions militaires d’invalidité et des victimes de guerre, la date de départ du calcul de la retraite du combattant est fixée au premier jour du mois qui suit la date d’entrée en vigueur de la mesure ; par conséquent, le calcul de départ de la retraite du combattant est fixée au 1er février 2014 pour toute demande de carte déposée au plus tard le 31 janvier 2014.

 

La carte est en outre accordée de plein droit aux blessés de guerre et aux titulaires de citations avec croix.

  

Quelle est la procédure à suivre ?

 

Le formulaire de demande de carte du combattant ainsi que les pièces à joindre à votre demande sont disponibles sur ce site ou au service de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG) de votre département de résidence. [rechercher votre service]

 

Ces demandes sont instruites par les services départementaux de l’ONACVG et sont ensuite soumises à l’avis de la commission nationale de la carte du combattant. Cet avis est suivi d’une décision d’attribution ou de rejet de la carte.

 

Quels sont les avantages particuliers pour le titulaire d’une carte du combattant ?

 

La carte du combattant ouvre droit :

 

  • à la retraite du combattant,
  • au port de la croix du combattant,
  • au titre de reconnaissance de la Nation,
  • à la constitution d’une rente mutualiste majorée par l’Etat qui bénéficie d’avantages fiscaux,
  • à une demi-part d’impôt sur le revenu à partir de 75 ans,
  • à la qualité de ressortissant de l’office national des anciens combattants et victimes de guerre,
  • au privilège de recouvrir le cercueil d’un drap tricolore.

 

 

 

NOUVEAUTE

 

L’article 87 de la loi de finances pour 2015 (loi 2014-1654 du 29 décembre 2014) a modifié les critères d’attribution de la carte du combattant au titre des opérations extérieures.

 

Ainsi, le 1er octobre 2015, un nouveau critère va s’ajouter aux conditions historiques d’appartenance à une unité combattante ou de la participation à des actions de feu et de combat. Il permettra aux militaires justifiant d’une durée de service d’au moins quatre mois (ou 120 jours) effectuée en opérations extérieures (OPEX) sur un ou des territoire(s) pris en compte au titre de la réglementation actuelle d’obtenir la carte du combattant.

 

Toute personne concernée par ces dispositions peut d’ores et déjà prendre contact avec le service départemental de l’ONACVG de son lieu de résidence afin de déposer une première demande de carte ou de solliciter le réexamen de sa situation.  

 

Pour obtenir les dernières modifications des conditions d’attribution de la carte du combattant, venez nous rendre visite le premier vendredi de chaque mois à la Maison du combattant à Istres.

 

 

 

 

Qui sommes nous ?

11 avr

Remise du 1er drapeau de la section d’Istres par le Général Jean MARCHAND au Président local José RODRIGUEZ 140986

 L’UNACITA (Union Nationale des Anciens Combattants d’Indochine, des Théâtres d’Opérations Extérieures et d’Afrique du Nord à été fondée en 1955 par le Général Jean Marchand pour les combattants d’Indochine et d’AFN. Elle regroupe les Anciens Combattants de toutes les générations du feu. Elle compte aujourd’hui environ 12 000 adhérents répartis essentiellement en France métropolitaine, dans les DOM-TOM, en Allemagne et en Belgique. Dans ces deux derniers pays, nos groupements ont été crées essentiellement grâce au concours d’anciens légionnaires.
L’UNACITA est en mesure d’aider nos camarades dans les démarches suivantes:
-défense des droits des Anciens combattants
-sécurité sociale, aide sociale
-carte du combattant, retraite du combattant, allocations diverses
-titre de reconnaissance de la Nation
-pensions militaires d’invalidité, mutuelle, maisons de retraite
-combattants volontaires, décorations 

Ses objectifs: 

-regrouper les anciens combattants de toutes les générations du feu
-aider au rétablissement
  dans notre pays des valeurs morales et traditionnelles en donnant à nos jeunes l’orientation nécessaire
-maintenir les liens Armée-Nation
-entretenir la Mémoire

 

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